En pleine Coupe du monde, le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko a qualifié les sifflets contre la Marseillaise de « droit à la réplique populaire ». Face à la polémique, l’élu s’est ensuite défendu d’avoir voulu encourager un tel geste.
Siffler la Marseillaise, un « droit » ? La déclaration du maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko a déclenché une vive polémique en pleine Coupe du monde. Dans un entretien, l’élu a jugé légitimes les sifflets visant l’hymne national dans les stades, avant de tenter de nuancer ses propos face au tollé. Une nouvelle séquence qui relance le débat sur le rapport de certains élus aux symboles de la République.
« Un droit à la réplique populaire »
C’est dans un entretien accordé au journal L’Opinion, mardi 16 juin, que le maire de Saint-Denis a tenu ces propos. Interrogé sur les sifflets qui accompagnent parfois l’hymne national lors des rencontres sportives, Bally Bagayoko a déclaré :
« Siffler la Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l’international, c’est un droit à la réplique populaire. »
Pour justifier sa position, l’élu a ajouté une précision sur le public des stades :
« Parce que les enfants de celles et ceux qui sont ici dans les grands stades, ils sont citoyens d’ici, mais aussi de là-bas. »
Des propos d’autant plus remarqués qu’ils émanent du maire de la commune qui abrite le Stade de France, et qu’ils touchent directement aux symboles de la République. Le moment choisi, en pleine compétition internationale, a amplifié la portée de ces déclarations.
Un élu déjà habitué aux polémiques sur les symboles
Cette sortie n’est pas la première du genre pour Bally Bagayoko. Élu maire de Saint-Denis en mars 2026 dès le premier tour, devenu une figure de La France insoumise aux côtés de Jean-Luc Mélenchon dans son projet de « Nouvelle France », l’édile avait déjà fait parler de lui en reconnaissant avoir décroché le portrait d’Emmanuel Macron des murs de l’Hôtel de ville.
Le sujet des symboles républicains semble donc récurrent chez cet élu, qui appelait par ailleurs à « une grande marche contre le racisme » le dimanche suivant ses déclarations. Autant d’éléments qui ont nourri les critiques de ses adversaires, prompts à dénoncer une ligne politique assumée à l’égard des emblèmes nationaux.
Face au tollé, le rétropédalage
Les propos sur la Marseillaise ont immédiatement provoqué une vague de critiques, en particulier à droite et à l’extrême droite. Devant l’ampleur de la polémique, Bally Bagayoko a publié dès le jeudi 18 juin une mise au point sur X, se défendant de toute « incitation ». Comme l’a rapporté franceinfo, l’élu a tenu à clarifier sa pensée :
« Expliquer un phénomène n’a jamais signifié l’encourager. Chercher à comprendre pourquoi, dans certaines circonstances exceptionnelles, La Marseillaise est sifflée, relève de l’analyse et de la réflexion, pas de l’incitation. »
Une défense qui n’a pas convaincu ses détracteurs, nombreux à souligner le contraste entre une première déclaration parlant de « droit » et un rétropédalage présentant la même phrase comme une simple « analyse ». Pour ses opposants, la nuance apportée après coup ne change rien au fond du message initial.
Un sujet sensible et encadré par la loi
Au-delà de la polémique politique, le sujet touche à un point juridique précis. Depuis une loi de 2003, le fait d’outrager publiquement l’hymne national ou le drapeau tricolore lors d’une manifestation organisée ou réglementée par les pouvoirs publics constitue un délit, passible d’une amende.
La déclaration du maire de Saint-Denis intervient dans un contexte particulièrement sensible, en pleine Coupe du monde, période où la ferveur autour de l’équipe de France et de ses symboles est à son comble. De quoi alimenter un débat qui dépasse largement les frontières de Saint-Denis, et qui s’inscrit dans une bataille politique plus large sur l’identité et les symboles nationaux.
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