Écorégions de Mélenchon : le projet pour supprimer les régions françaises et redécouper le pays

écorégions de Mélenchon

Crédit photo : Mélenchon à la fête de la musique 2026 (Source: screenshot d'une vidéo publie sur X, par le compte officiel de J-L Mélenchon)

Profitant de la canicule, Jean-Luc Mélenchon a relancé une proposition radicale : supprimer les régions françaises actuelles pour les remplacer par des « écorégions » calquées sur les bassins fluviaux. Un projet que le leader insoumis inscrit lui-même dans une « société collectiviste ».

Les écorégions de Mélenchon : voilà une proposition méconnue que le candidat insoumis vient de remettre en avant à la faveur de l’épisode caniculaire. Derrière ce mot technique se cache une refonte complète de l’organisation territoriale du pays, dont peu de Français mesurent réellement la portée. Décryptage d’une idée qui pourrait redessiner la carte de la France.

Les écorégions de Mélenchon : ce qu’il a déclaré

Le 20 juin, sur le réseau social X, le candidat à la présidentielle de 2027 a posté un message sans ambiguïté :

L’idée est donc clairement posée : faire disparaître les régions telles que nous les connaissons aujourd’hui, pour les remplacer par de nouvelles entités définies uniquement par des critères environnementaux. Selon lui, la France deviendrait alors « une République écologique ».

Des écorégions calquées sur les fleuves

Concrètement, sur quoi reposerait ce nouveau découpage ? Dans un entretien accordé à Alternatives Économiques, Jean-Luc Mélenchon a précisé sa pensée :

« Dans la société collectiviste à laquelle nous aspirons, la structure de base qui évalue ces besoins, c’est la commune. Ensuite les écorégions que nous appelons de nos vœux, et dont le tracé suit celui du bassin-versant des fleuves, notamment pour gérer l’eau. »

Autrement dit, les nouvelles écorégions de Mélenchon ne seraient plus dessinées selon l’histoire, la culture ou l’identité des territoires, mais selon le tracé des grands bassins fluviaux. La Bretagne, la Normandie, l’Occitanie ou la Provence telles qu’on les connaît laisseraient place à des zones administratives organisées autour des cours d’eau. Un bouleversement qui effacerait des siècles d’héritage régional au profit d’une simple carte hydrographique.

Carte des bassins hydrographiques français, base des écorégions de Mélenchon
Crédit photo : Roland45, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le mot lâché par Mélenchon : « collectiviste »

C’est sans doute le point le plus révélateur. Ce n’est pas l’opposition, mais Jean-Luc Mélenchon lui-même qui qualifie son projet de « collectiviste ». Les écorégions ne sont pas présentées comme un simple ajustement administratif, mais comme la « structure de base » d’une société entièrement repensée.

Dans cette vision, la commune et l’écorégion serviraient à « évaluer les besoins » de la population et à gérer des « biens communs » que le programme insoumis souhaite « sortir des griffes du marché ». On retrouve là le cœur du projet de planification écologique porté par La France insoumise depuis plus de dix ans : une économie largement dirigée par l’État, où les grands secteurs (eau, énergie, transports) seraient progressivement collectivisés.

Derrière l’argument écologique se dessine donc un projet politique bien plus vaste : une transformation profonde du fonctionnement de l’État, de l’économie et de la démocratie locale, dont le redécoupage territorial ne serait que la première pierre.

Les écorégions de Mélenchon, une usine à gaz ?

Reste une question de bon sens. Faire coïncider des bassins-versants avec des compétences politiques, administratives et fiscales pose d’innombrables problèmes pratiques. Comment répartir les élus dans ces nouvelles entités ? Comment gérer une métropole à cheval sur deux bassins ? Que deviennent les identités régionales, les langues, l’attachement des habitants à leur territoire historique ?

Ce redécoupage impliquerait une réorganisation administrative titanesque : nouvelles collectivités, nouvelles élections, transferts de compétences, sans oublier le coût pharaonique d’une telle réforme pour des finances publiques déjà exsangues. Autant de chantiers vertigineux pour un pays déjà critiqué pour la lourdeur de son millefeuille territorial.

Une priorité pour les Français ?

À l’heure où les Français réclament avant tout des services publics qui fonctionnent et une vie quotidienne plus simple et moins chère, la perspective d’un grand chamboule-tout territorial, coûteux et complexe, au nom de l’écologie, risque surtout d’apparaître comme une lubie idéologique de plus. Pendant que les factures explosent et que le pouvoir d’achat s’érode, redessiner la carte de France autour des fleuves figure-t-il vraiment parmi les urgences du pays ?

Sous couvert de répondre à la canicule, cette proposition engage en réalité une vision de société que les électeurs auront à trancher en 2027.

Sur un autre projet écologique récent du gouvernement, à lire aussi : « Préparer la France à un monde à +4°C » : le plan d’Agnès Pannier-Runacher et ses 52 mesures qui interrogent

2 réflexions sur « Écorégions de Mélenchon : le projet pour supprimer les régions françaises et redécouper le pays »

  1. On n’aura rien à trancher en 2027: Mélenchon ne sera JAMAIS Président de la République….Son programme n’est qu’un attrape-mouches électoral pour tenter de se rallier les 420 000 voix qui lui ont manqué. Ne jamais oublier que 75% de la population française le déteste…..

    1. mortderire.. la contradiction au sein de votre propre propos.. : il lui a donc manqué 420000 pauv voix (et il y a eu 26K à St Denis), MAIS.. enmêmetemps.. toutlemondeledéteste ^-. GRMPF’HA! Ben si il vont gagner ^-.. tout simplement parce que les conditions – de l’ordre de la survie – l’exigent.. get over it. parce que vous en aurez tellement d’avantages.. qu’il vous faudra revoir votre pulsion thanatocratique..

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