Pillages du 24 octobre : les appels à recommencer se multiplient, l’État sort l’armée

Pillages du 24 octobre : la vidéo « Rdv samedi » qui circule sur les réseaux

Crédit photo : Capture de la vidéo « Rdv samedi » relayée sur X.

Une semaine après les pillages du 17 octobre, les appels à recommencer se multiplient sur les réseaux sociaux. Vidéos, messages, rendez-vous fixés : les pillages du 24 octobre s’annoncent en ligne comme une sortie entre amis, et l’État prépare un dispositif hors norme.

Des appels aux pillages du 24 octobre circulent en ligne

Le 22 octobre 2026, Sud Radio rapporte que des appels à casser sont lancés en ligne pour le samedi 24 octobre, et que les autorités les prennent très au sérieux. Les cibles ne sont plus seulement les vitrines des centres-villes.

Dans le Var, le maire de La Valette-du-Var (83), Julien Argento, cite un message qui vise « les bijouteries, les gros commerces », autour de l’avenue 83 et du centre commercial Grand Var. Le décor a changé, la méthode reste la même : un lieu, une date, et la promesse d’un butin.

Sur la vidéo relayée par le compte French Report, un jeune homme encapuchonné filme son visage, le texte « Rdv samedi » incrusté à l’écran, et parle des prix « pour le 24 ». L’origine de cette vidéo n’est pas établie, et les auteurs de ces appels ne sont pas identifiés. Mais le ton dit tout : on prépare la journée comme on prépare des courses.

Le bilan du 17 octobre, que personne n’a oublié

Ces appels arrivent après une journée qui a secoué le pays. Selon le bilan consolidé du ministère de l’Intérieur, le 17 octobre s’est soldé par 2 397 interpellations et 997 policiers et gendarmes blessés, dont 7 grièvement. Le ministre du Commerce, Serge Papin, compte au moins 3000 commerces dégradés ou pillés.

Ce jour-là, des scènes de pillage ont été filmées dans plusieurs villes, comme le montre la vidéo d’une femme qui supplie les pilleurs. À Marseille (13), le procureur Nicolas Bessone a résumé l’ambiance devant le tribunal :

« Tout Marseille savait que ce jour-là il y aurait le chaos et la révolution. »

La réponse judiciaire, elle, a laissé un goût amer. À Marseille, un prévenu de 21 ans est reparti avec 6 mois de sursis quand le parquet requérait un an ferme, et 3 hommes ont été relaxés, selon France 3 Provence-Alpes. À Paris (75), un autre prévenu a écopé de 10 mois avec sursis, quand le parquet demandait de la prison ferme.

Policiers mobilisés de nuit avant le samedi 24 octobre
Les forces de l’ordre seront 20% plus nombreuses que le 17 octobre.

Ce que l’État prépare face aux pillages du 24 octobre

Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a demandé aux préfets d’interdire « toutes les manifestations revendicatives de nature à troubler l’ordre public qui sont prévues pour ce samedi 24 octobre ». Les militaires de l’opération Sentinelle seront mobilisés, « principalement sur des missions de sécurisation statiques », pour libérer des policiers et des gendarmes. Le RAID, la BRI, le GIGN, des hélicoptères et des blindés Centaure sont annoncés.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, parle d’un dispositif « massif ». Le ministre délégué Jean-Didier Berger promet des effectifs 20% supérieurs à ceux du 17 octobre. Et près de 3000 membres des forces de l’ordre seront mobilisés à Orléans (45) pour le congrès du Rassemblement national.

Dans les Bouches-du-Rhône, le préfet Jacques Witkowski interdit toutes les manifestations, déclarées ou non. Le métro, le tram et les bus seront coupés de 5h le samedi à 5h le dimanche, et le couvre-feu de 23h à 5h s’étend aux majeurs pour les nuits du 24 au 25 et du 25 au 26 octobre.

Ailleurs, les préfets serrent la vis : transports suspendus et couvre-feu des mineurs à Toulon (83), centre historique et quartier Saint-Sever interdits de 9h à 20h à Rouen (76), rassemblements interdits dans le centre de Grenoble (38) jusqu’au dimanche 25, couvre-feu des mineurs de 22h à 7h à Bordeaux (33) jusqu’au 26. À Paris, la mairie appelle à « la plus grande vigilance » et demande de rentrer mobilier, poubelles et vélos dès le samedi midi.

Une journée syndicale autorisée, des pilleurs anonymes

Le 24 octobre est aussi une journée de mobilisation déclarée. Emmanuel Macron a annoncé que seules les manifestations organisées à la demande des syndicats resteront autorisées. L’Unef appelle à continuer, et revendique 800 000 manifestants le 17. Les appels à piller, eux, ne portent aucune signature.

Le débat sur les réseaux sociaux a déjà commencé. Gabriel Attal propose « un blocage temporaire » ciblé, le député Sylvain Maillard veut interdire la géolocalisation des vidéos de pillage, et la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, a réuni les plateformes le 20 octobre, sans annonce à la sortie, selon franceinfo.

La peur a changé de camp

Ce ne sont plus les pilleurs qui se cachent, ce sont les honnêtes gens. Les commerçants baissent le rideau, les habitants rangent leurs poubelles, une métropole entière coupe ses transports et ses habitants majeurs se voient imposer un couvre-feu.

Face aux pillages du 24 octobre annoncés en pleine lumière, l’État sort l’armée et les blindés. Mais tant que des vitrines explosées se paient en mois de sursis, chaque rendez-vous fixé sur les réseaux ressemblera moins à une menace qu’à une invitation.

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