« On arrive chez vous » : après les 30 000 pilleurs de Marseille, une vidéo annonce une virée à Paris le 24 octobre

Pilleurs de Marseille : la vidéo TikTok qui annonce une virée à Paris le 24 octobre

« Le 24 j’ai entendu que nous, Marseille, on va partir à Paris. » Après les pillages du 17 octobre, une vidéo TikTok relayée sur X annonce déjà la suite. Elle tombe au moment où les pilleurs de Marseille, plus de 30 000 selon la préfecture, sont au cœur d’une bataille de chiffres, et où Laurent Nuñez promet plus de policiers pour le 24 octobre.

La vidéo : « On arrive chez vous »

Dans cette vidéo publiée sur TikTok et relayée sur X le 19 octobre 2026 au soir, un jeune homme en capuche parle au nom de la ville. Le ton se veut potache, mais le message ne laisse pas de place au doute :

« Y’a plus rien à récupérer chez nous. On arrive chez vous. »

Il évoque le Louvre et ses « trucs inestimables », la grève des contrôleurs de train, et jure : « Nous ne sommes pas des casseurs. » Avant d’ajouter aussitôt : « Mais le soir c’est pas moi. »

C’est la vidéo d’un seul jeune homme. Le rendez-vous annoncé pour le 24 octobre, lui, est un appel à manifester. Le projet de violences coordonnées que lui prêtent certains comptes, aucune autorité ne le rapporte. Mais après ce que Marseille a vécu, plus personne n’a envie d’en rire.

Plus de 30 000 pilleurs de Marseille selon la préfecture

Le 17 octobre 2026, la mobilisation contre la vie chère a rassemblé entre 550 000 et 800 000 manifestants en France. Elle a dégénéré en pillages à Paris (75), Lyon (69) et Marseille.

Le dimanche 18 octobre, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a annoncé que « plus de 30 000 pilleurs » avaient été dénombrés la veille, selon franceinfo. Parmi eux, 8 000 « émeutiers » : voitures brûlées, vitrines cassées. Les 22 000 autres ont « profité de la situation ».

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a pris ses distances avec le chiffre sans le démentir : « Le préfet a donné une estimation, il y avait de toute façon quelques milliers de casseurs, c’est énorme. »

Le bilan, lui, ne prête pas à discussion. Selon la préfecture citée par BFMTV, la journée s’est soldée par 99 gardes à vue et 118 membres des forces de l’ordre blessés, dont 3 hospitalisés. 4 000 grenades lacrymogènes ont été tirées. La CCI compte 500 commerces touchés, dont 317 pillés ou saccagés.

Le commissariat de Noailles à Marseille, portes soudées après les émeutes du 17 octobre 2026
Le commissariat de Noailles, à Marseille (13), portes soudées après les émeutes du 17 octobre 2026.

Le poste de police municipale de la Canebière a été détruit, la statue de Marianne mise à terre. La nuit, les pillages ont gagné les centres commerciaux de la Valentine, de Grand Littoral et de Plan de Campagne, selon ICI Provence.

Le maire de Marseille conteste le chiffre

Benoît Payan ne croit pas aux 30 000. Selon la mairie, ils étaient 1 000 à 1 500. Sur France Inter, le 19 octobre, le maire a lâché : « Cela représente la moitié du Vélodrome, c’est ridicule. » Pour lui, rapporte France 3 Provence, on « gonfle un chiffre ».

Le même maire reconnaît pourtant que « la ville a été cassée parce que l’ordre républicain n’a pas pu être assuré ». Il juge la doctrine de maintien de l’ordre « inefficace » et demande pourquoi les forces de l’ordre ont tiré des lacrymogènes sur les manifestants « et pas sur les pilleurs ».

Entre la préfecture qui compte 30 000 pilleurs de Marseille et la mairie qui en voit 1 500, une chose ne change pas : 317 commerces ont été pillés ou saccagés, et leurs gérants attendent des réponses.

Le 24 octobre, l’État promet des renforts

Le 24 octobre, un « acte II » de la mobilisation contre la vie chère est annoncé. À Paris, les appels visent République et Bastille. La CGT demande à ses adhérents de venir « pacifiquement ».

À Marseille, après 45 minutes à l’hôtel de ville le 19 octobre, Laurent Nuñez a promis devant la presse locale :

« On déploiera un dispositif policier très important et qui sera de toute façon plus nombreux que ce qu’il était samedi dernier. »

Les commerçants, eux, ne veulent pas revivre le 17. « Nous voulons plus de policiers et des consignes claires », disent-ils à France 3 Provence.

À Paris, des arrêtés avaient déjà interdit les rassemblements non déclarés à République et à Bastille dans la nuit du 19 au 20 octobre. Dès le dimanche 18, place de la République, un rassemblement non déclaré avait tourné au pillage de 3 magasins. La préfecture de police l’avait résumé ainsi : « Il s’agit essentiellement de jeunes en provenance de banlieue cherchant des opportunités de pillages. »

Après les pilleurs de Marseille, Paris retient son souffle

Blague ou pas, la vidéo dit tout haut ce que les commerçants redoutent : que le 24 octobre ressemble au 17. Les images de cette journée tournent encore, comme la vidéo de cette femme face aux pilleurs le 17 octobre.

Après ce week-end, plus personne ne pourra dire qu’il ne savait pas. Le 24 octobre, l’État n’a plus le droit à l’erreur.

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