Dimanche 1er novembre 2026, deux Britanniques qui filmaient au pied du monument se sont retrouvés face à un groupe de vendeurs à la sauvette de la Tour Eiffel. La scène s’est déroulée en plein jour, au milieu des touristes, et la vidéo a circulé sur les réseaux sociaux dès le soir même.
Sur les images, l’un des deux hommes s’interpose pour protéger une jeune femme qui les accompagnait. Quelques secondes plus tard, la situation dégénère.
Les activistes britanniques Montgomery Toms et Will Coleshill ont été attaqués en meute (2 contre une dizaine de vendeurs ambulants) près de la Tour Eiffel alors qu'ils défendaient une collaboratrice pendant un reportage sur la sécurité. Leur matériel a été jeté dans la Seine. pic.twitter.com/257IxwtBcB
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) 1 novembre 2026
Ce que montre la vidéo
La séquence a été tournée près d’un pilier de la tour, au milieu des passants. On entend un homme crier en anglais : « Will you take a step back and stop attacking women? ». En français : « Allez-vous reculer et arrêter d’attaquer les femmes ? ».
Il ordonne ensuite à la jeune femme de s’éloigner : « Lucy, go ! ». Puis il lance aux hommes qui lui font face : « Don’t be violent ! », « Ne soyez pas violents ! ». La fin de la vidéo n’est plus qu’une suite de cris et de jurons, et une phrase répétée deux fois : « I told them », « je leur avais dit ».
Au 2 novembre, ni la préfecture de police ni le parquet n’ont communiqué sur cette altercation, et aucune interpellation n’a été annoncée.
Qui sont Montgomery Toms et Will Coleshill
Montgomery Toms a 21 ans. Ancien étudiant de l’University of the Arts London, il a fondé Freedom Watch GB, qu’il présente comme un mouvement de jeunesse. Sur ses comptes, il se décrit comme un défenseur des libertés.
Il s’est fait connaître au Royaume-Uni avec des tables de débat installées dans la rue. En janvier 2026, devant le London College of Communication, la sienne affichait « Britain Needs Mass Deportation, Change My Mind ». Un étudiant l’avait renversée, et la discussion avait fini en bagarre, raconte le magazine étudiant Artefact.
Will Coleshill est son caméraman. Après la bagarre de janvier, c’est lui qui avait été arrêté, puis poursuivi pour agression et entrave à un policier, selon le même magazine.
Les deux hommes filment régulièrement en France ce qu’ils présentent comme l’avenir des grandes villes britanniques. C’est ce qu’ils faisaient dimanche, à deux pas du monument le plus célèbre du pays. Ils disent avoir déjà été pris à partie à Bristol, à Cardiff, à Brighton et à Trafalgar Square.
Les vendeurs à la sauvette de la Tour Eiffel, un problème connu de tous
La scène de dimanche n’a rien d’une première. Le 13 mai 2025, deux frères américains de 24 et 28 ans avaient été frappés à coups de tours Eiffel miniatures après avoir filmé des vendeurs. Ils avaient porté plainte et un suspect avait été placé en garde à vue, selon Le Parisien, repris par L’essentiel.
Quelques mois plus tôt, en février 2025, plusieurs dizaines de vendeurs à la sauvette s’en étaient pris à une voiture de police au pied de la tour. Une vitre avait été brisée, et les policiers avaient été « contraints de fuir sous les projectiles ».
La préfecture de police connaît le dossier par cœur. Du 21 au 24 novembre 2025, une opération sur les secteurs Tour Eiffel et Trocadéro a permis d’évincer 281 personnes et d’en contrôler 190. Bilan : 28 interpellations, 25 verbalisations et 30 kg de contrefaçons saisis, d’après le communiqué de la préfecture repris par info.fr.

Fin 2025, un réseau qui exploitait ces vendeurs a été démantelé : 7 personnes arrêtées, 1 tonne de marchandises saisie. Selon le JDD, les vendeurs étaient pour la plupart originaires d’Afrique subsaharienne et en situation irrégulière. En avril 2022 déjà, une opération au même endroit s’était soldée par 35 gardes à vue.
Un symbole de Paris laissé à la loi de la rue
Les opérations se succèdent, les chiffres s’accumulent, et les vendeurs à la sauvette de la Tour Eiffel reviennent. Les touristes du monde entier découvrent Paris par ce décor : des tours Eiffel en métal posées au sol, des groupes qui tiennent le parvis, et parfois des coups.
La vidéo du 1er novembre montre ce qui se passe quand quelqu’un ne baisse pas les yeux. Au pied du symbole de Paris, une altercation éclate sous les yeux des visiteurs.
Une caméra qui dérange dans la rue, ce n’est pas nouveau non plus : un journaliste de Frontières avait déjà été menacé en plein tournage. Les vendeurs à la sauvette de la Tour Eiffel, eux, sont toujours à leur place, et la question reste entière : jusqu’à quand ?





