Le 31 octobre 2026, vers 17 heures, un cocktail Molotov a explosé aux pieds d’un gendarme mobile porte de Charenton, à Paris. L’équipement qui protégeait ses jambes a pris feu. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, parle de « tentative de meurtre ».
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— 🇫🇷RONIN🇫🇷Ⓜ️ (@sunyakuza) 31 octobre 2026
La scène a été filmée par Luc Auffret, journaliste indépendant qui suit les manifestations et les violences urbaines à Paris. Le soir de la victoire du PSG en Ligue des champions, le 30 mai 2026, il filmait déjà les heurts aux abords du Parc des Princes. Ses images du 31 octobre ont été reprises par 20 Minutes.
Un cocktail Molotov porte de Charenton, en fin de cortège
Ce samedi était la 3e journée nationale contre la vie chère. À Paris, le cortège déclaré partait de la porte de Bagnolet pour rejoindre la porte de Charenton par les boulevards des Maréchaux. Pour l’occasion, Laurent Nuñez avait annoncé un « dispositif exceptionnel » de 70 000 policiers et gendarmes dans toute la France.
C’est à l’arrivée du cortège, à l’angle de la rue des Meuniers et du boulevard Poniatowski, que l’engin incendiaire a été lancé sur les forces de l’ordre. Selon franceinfo, il a explosé aux pieds d’un gendarme mobile, et ses collègues ont éteint les flammes. D’après la préfecture de police, citée par 20 Minutes, il a pris feu sur deux gendarmes mobiles.
« La sensation de brûlure est immédiate »
Le gendarme a raconté l’attaque à BFMTV, dans ce témoignage diffusé la nuit même :
Il décrit d’abord la douleur :
« La sensation de brûlure est immédiate, intense et s’intensifie dans le temps. »
Puis la surprise, ce projectile qu’il n’a pas vu venir :
« Je ne l’ai pas vu arriver, c’est ce qui rend la chose encore plus vicieuse à traiter et à s’en protéger. »
Le gendarme ajoute qu’« un peu plus d’une dizaine » de gendarmes sous ses ordres ont été blessés ce jour-là, à des degrés divers. Pour lui, « on a peut-être frôlé la catastrophe ». Laurent Nuñez a précisé que le gendarme était « simplement blessé léger » et qu’il « n’a pas cessé le service ».

Laurent Nuñez : « J’appelle ça une tentative de meurtre »
Le ministre de l’Intérieur n’a pas cherché d’euphémisme : « J’appelle ça une tentative de meurtre. » Il dénonce des casseurs agissant « avec une violence inouïe » et promet une réponse « ferme et républicaine ».
Les syndicats de police ont réagi dans le même sens. Alliance Police nationale dénonce « une violence aveugle, déchaînée, qui peut tuer ». Le syndicat des commissaires et officiers SCSI parle d’une « attaque d’une extrême gravité » et rappelle qu’« aucune violence contre celles et ceux qui assurent notre sécurité ne peut être tolérée ». À droite, Bruno Retailleau parle lui aussi de tentative de meurtre, et Marine Le Pen juge le geste « insupportable ».
Il a aussi tenu à séparer les manifestants des casseurs : selon lui, les cortèges revendicatifs se sont « bien déroulés ». La violence est venue d’ailleurs, en queue de cortège, de ceux qui viennent pour l’affrontement.
5 blessés à Paris, 565 interpellations en France
La préfecture de police compte 5 membres des forces de l’ordre blessés dans l’agglomération parisienne, 4 policiers et 1 gendarme, dont 3 par des jets de cocktail Molotov. Sur l’ensemble du territoire, le ministère de l’Intérieur comptait 565 interpellations à 21 heures.
Le mouvement dure depuis plusieurs semaines. Le 17 octobre, plusieurs dizaines de magasins avaient été pillés à Paris, selon franceinfo. D’après le ministère de l’Intérieur, cité par Entrevue, 1 193 policiers et gendarmes avaient déjà été blessés depuis le début du mouvement, au 29 octobre. Sur la journée du 24 octobre, lire notre article sur les pillages du 24 octobre.
Le pouvoir d’achat n’a rien à voir là-dedans
Le mouvement dit défendre le pouvoir d’achat. Mais un cocktail Molotov lancé sur un gendarme ne fait baisser ni le prix de l’essence ni celui des courses. Il vise un homme en uniforme, présent pour encadrer un cortège déclaré.
À chaque journée, la violence monte d’un cran : des vitrines brisées le 17 octobre, des engins incendiaires le 31. Les organisateurs du mouvement ont maintenant une responsabilité : dire clairement que ces casseurs ne parlent pas en leur nom.
Le ministre a nommé l’acte. Reste à la justice de retrouver ceux qui l’ont commis et de les juger pour la gravité de leur geste. Ce soir-là, le gendarme est resté à son poste. La prochaine fois, la chance ne sera peut-être pas au rendez-vous.




