Un tiktokeur appelle à « prendre l’Élysée » le 24 octobre, jour de l’acte II des Gilets jaunes

Le tiktokeur qui appelle à prendre l'Élysée le 24 octobre

Crédit photo : Capture de la vidéo relayée le 22 octobre 2026.

« Le samedi 24 octobre, ça sera le début de la révolution française. » Dans une vidéo TikTok relayée le 22 octobre 2026, un jeune homme appelle tous les manifestants à prendre l’Élysée ce samedi. Il invite « les grands, les petits, les vieux », et même « les handicapés » et « les gros ».

Un appel à prendre l’Élysée, lancé depuis une voiture

La séquence dure 22 secondes. Casquette à motifs sur la tête, doudoune noire sur le dos, le jeune homme se filme dans une voiture. « Aujourd’hui les gars j’ai une grande annonce à vous faire », commence-t-il. Puis il déroule : « On va montrer à l’État qu’on n’est pas des dingues. »

Sa raison tient en une phrase : « Macron, son discours il m’a pas plu. » Son programme en une autre : « On va prendre l’Élysée le samedi 24 octobre. J’invite tous les manifestants à venir. » La vidéo a été relayée sur X par le compte FranceSouvUnie, le 22 octobre à 18h56. Son auteur n’a pas été identifié.

« Ce soit les grands, les petits, les vieux, même les handicapés vous êtes conviés. Même les gros vous êtes conviés. Faut qu’on manifeste pour nos droits les gars. »

Le discours de Macron qui « ne lui a pas plu »

Le discours visé est vraisemblablement l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron, le dimanche 18 octobre 2026 au soir, au lendemain d’une journée de violences dans tout le pays. Le président y promettait : « Ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser », selon LCP.

Il ajoutait, selon Brut : « Nous serons intraitables. » Il annonçait aussi que les prochaines manifestations seraient encadrées, voire interdites. Une semaine plus tard, c’est précisément ce samedi que la vidéo désigne.

Emmanuel Macron, dont le discours du 18 octobre est visé par la vidéo
Emmanuel Macron.

Le 24 octobre, l’acte II des Gilets jaunes

Le jeune homme ne choisit pas sa date au hasard. Le 19 octobre, la coordination des Gilets jaunes a annoncé un « acte II » pour le samedi 24 octobre. Sa carte recensait plus de 1000 actions le 22 octobre au matin. Un « acte III » est déjà annoncé pour le 31 octobre.

Le mot d’ordre des organisateurs est clair : « Macron doit partir et laisser la place au peuple ! » Mais aucun d’eux ne parle d’entrer à l’Élysée. À Paris (75), le rassemblement autorisé doit se tenir entre Bastille et Nation, loin du palais présidentiel. L’auteur de la vidéo n’a aucun lien connu avec la coordination.

La CGT appelle aussi ses adhérents à rejoindre les manifestations de samedi, et Solidaires mobilise les 24 et 31 octobre.

Un dispositif policier « très important »

Face à ces appels, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez promet « un dispositif policier très important », fondé sur « l’extrême réactivité », selon Made in Marseille. Le 17 octobre, les violences avaient éclaté à « 10 ou 15 points en même temps ».

Le même ministre avait proposé sa démission au lendemain des violences, refusée par Emmanuel Macron. Sur France Inter, il reconnaissait, selon LCP : « Oui nous avons perdu le contrôle dans certaines grandes villes. »

Les 19 et 20 octobre, des couvre-feux localisés visaient déjà République, Bastille et le secteur de l’Élysée. Le Premier ministre Sébastien Lecornu parle d’un dispositif « massif » et d’une « réponse pénale massive ».

Le précédent du 17 octobre

Personne n’a oublié le samedi précédent. Le 17 octobre, 2397 personnes ont été interpellées en France et 997 policiers et gendarmes ont été blessés, dont 7 grièvement, selon le ministère de l’Intérieur. Des pillages ont touché Paris, Lyon, Bordeaux, Rennes, Nantes, Toulouse et Grenoble, et l’hôtel de ville de Limoges (87) a été incendié.

Le mouvement était né sur les réseaux sociaux, contre la hausse des carburants puis la vie chère. C’est là aussi que circule aujourd’hui l’appel à prendre l’Élysée. Nous avons raconté ce que d’autres promettaient déjà pour ce week-end dans notre article sur les pilleurs de Marseille.

« Pré-guerre civile » : le mot est prononcé sur CNews

Le même jour, sur CNews, Louise Montangon, responsable de l’UNI à Bordeaux (33), décrivait le climat avec des mots que l’on n’entendait pas il y a un mois : « je pense qu’on est, en tout cas, dans l’avènement d’une guerre civile, d’une pré-guerre civile, que je ne souhaite pas, évidemment ».

On pourrait rire d’une vidéo qui invite les handicapés et les gros à marcher sur le palais présidentiel. Mais une vidéo tournée dans une voiture suffit désormais à fixer un rendez-vous à tout un pays. Le 24 octobre dira si l’État tient la rue, ou si ce sont les vidéos TikTok qui fixent l’agenda.

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