Une bagarre à Rouen, filmée le soir du 31 octobre 2026, circule sur les réseaux. Devant un bar près du stade Robert-Diochon, au Petit-Quevilly (76), on entend crier : « Bande de blancs de fils de p*te ».
🔴 « Bande de blancs de fils de pute » : violente bagarre devant le bar Le Corner près du stade Diochon à Rouen (76).
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) 31 octobre 2026
Des propos racistes anti-blancs entendus.
Bilan : plusieurs blessés pris en charge et évacués aux urgences. pic.twitter.com/pTdJkjPuRU
Une bagarre à Rouen, filmée de nuit
La vidéo dure 19 secondes. Elle est tournée de nuit, devant un bar. On y voit des coups échangés sur le trottoir, et on y entend la phrase, suivie de « fils de p*te » répété plusieurs fois.
Les premières images ont été publiées sur X le 31 octobre à 22h47, puis reprises dans la nuit. Selon les comptes qui les ont diffusées, plusieurs blessés ont été pris en charge et évacués aux urgences. L’un parle d’un PMU, l’autre d’un bar baptisé Le Corner, près du stade.
Le stade Robert-Diochon, où le FC Rouen recevait Concarneau l’après-midi même, se trouve au Petit-Quevilly (76), commune de la métropole de Rouen, sur la rive gauche de la Seine.
« Sale blanc » : une injure raciale comme une autre
En France, l’injure raciale est un délit, quelle que soit la couleur de la victime. La loi vise l’injure commise envers une personne « à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Comme le résume Slate : « Si «sale noir» rentre dans cette catégorie, «sale blanc» aussi ».
La Cour de cassation l’a confirmé le 28 février 2017. Des juges avaient trouvé trop flous les mots « français de souche » et « blancs ». La Cour a cassé leur raisonnement : ces propos « désignent des personnes appartenant à la nation française », rapporte Le Monde du Droit.

Des condamnations pour « sale blanc »
Les tribunaux condamnent. Le 29 mars 2016, la cour d’appel de Lyon a infligé 3 mois de prison ferme à un homme qui avait traité un passager de « sale français, sale blanc » dans un TER entre Mâcon (71) et Lyon, le 9 juin 2014. Cette condamnation alourdissait la peine prononcée en première instance à Villefranche-sur-Saône (69). La Licra était partie civile.
En décembre 2024, le tribunal de Saint-Malo (35) a condamné un automobiliste à 6 mois de prison avec sursis. Il avait lancé « Arrête-toi, espèce de sale blanc, sale Français ! » à un chauffeur de minibus, avant de le menacer de mort. Il doit aussi verser 150 € au chauffeur et 400 € aux vigiles. Les faits remontaient à avril 2024.
Ce ressenti existe aussi dans les enquêtes. Dans l’enquête Trajectoires et Origines de l’Ined et de l’Insee, menée en 2008 et 2009, 15% des personnes de la « population majoritaire non paupérisée » déclaraient avoir vécu une situation raciste au cours de leur vie, selon franceinfo. C’est la part la plus faible du classement, mais elle existe.
Crépol, l’affaire qui a imposé le mot
À Crépol (26), Thomas Perotto a été tué dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023. En 2026, les juges d’instruction ont retenu la circonstance aggravante de racisme contre l’ensemble des mis en examen. Ils se sont appuyés sur une dizaine de témoignages faisant état de propos hostiles aux Blancs, dont « on est là pour planter des Blancs ». Selon Politis, la décision vise un « racisme envers la race blanche et la nation française ». Le parquet de Valence (26) a fait appel de cette décision, et le procès n’est pas encore daté.
Pour une autre violence filmée qui a choqué, lire notre article sur l’agression au couteau à Épinal (88).
Après la bagarre à Rouen, des mots qui doivent compter
Le racisme anti-blanc gêne encore une partie de la classe politique et des médias. La loi, elle, ne fait pas de différence selon la couleur de peau, et les tribunaux l’appliquent depuis des années.
Cette bagarre à Rouen doit maintenant trouver sa suite devant la justice. Ceux qui ont crié « Bande de blancs » au milieu des coups doivent répondre de leurs mots comme de leurs gestes.






