Quand Jordan Bardella répondait à BFMTV sur Lola : « Mais elle est française ou pas ? »

Jordan Bardella sur BFMTV en octobre 2022, interrogé sur la mort de Lola

Crédit photo : Jordan Bardella.

En octobre 2022, quelques jours après le meurtre de Lola, 12 ans, Jordan Bardella est l’invité de BFMTV dans l’émission « 22H Max ». Le journaliste lui demande, encore et encore, si la fillette a été tuée « parce que française ». La réponse du président par intérim du RN tient en une question : « Mais elle est française ou pas ? »

Jordan Bardella face au journaliste de BFMTV

Le journaliste part d’un tweet de Jordan Bardella, qu’il cite à l’antenne : « une nouvelle vie française fauchée par l’ensauvagement et l’immigration ». Il ajoute : « Vous rejoignez Éric Zemmour sur ce thème-là. » Puis il insiste :

« Ce que vous décrivez là, une nouvelle vie française, en insistant sur le fait qu’elle est française, est-ce que Lola a été tuée parce que française ? »

L’invité lui renvoie la question :

« Mais elle est française ou pas ? »

Le journaliste ne lâche pas : « Il faut simplement ne pas comprendre ce que je suis en train de vous dire. Il faut simplement ne pas comprendre, Jordan Bardella. » Puis il répète : « Est-ce qu’elle a été tuée parce que française ? » L’invité recentre alors le débat :

« Le sujet, c’est que cette meurtrière n’aurait pas dû être en France. »

La séquence a circulé sur X dès la nuit suivante, et l’invité est revenu dessus lui-même le lendemain. Une question restait posée : pourquoi refuser de dire que la victime était française, quand le vrai sujet était la présence en France de celle qui l’a tuée ?

Une OQTF qui n’avait pas été exécutée

Une OQTF, c’est une obligation de quitter le territoire français : la décision par laquelle l’État ordonne à un étranger en situation irrégulière de partir.

Lola est tuée le 14 octobre 2022 à Paris. Sa meurtrière, Dahbia Benkired, est algérienne. Selon Sud Radio, elle « avait reçu une OQTF en août 2022, deux mois avant le meurtre de Lola ». « Faute de suivi administratif ou de moyens coercitifs, elle n’avait pas été reconduite à la frontière. »

C’était exactement le point soulevé par Jordan Bardella sur le plateau. Le 21 octobre 2022, il défendait ses mots sur TikTok : « Sur BFM, j’ai rappelé la stricte vérité : Lola est une jeune Française qui a été tuée par quelqu’un qui n’aurait jamais dû se trouver chez nous. Pourquoi m’en faire le procès ? »

Jordan Bardella, président du Rassemblement national
Jordan Bardella. Photo : Thomas Bresson, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

La perpétuité réelle, sans appel

Le 24 octobre 2025, la cour d’assises de Paris a condamné Dahbia Benkired à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une sûreté perpétuelle. Elle est la première femme condamnée à cette peine. « On croyait à la justice et on l’a eue », a déclaré la mère de Lola, Delphine Daviet.

La condamnée n’a pas fait appel. Son avocat, Me Alexandre Valois, a confirmé qu’elle « n’a pas fait appel de la décision rendue le 24 octobre », selon Brut.

Après le verdict, Jordan Bardella a écrit sur X : « La meurtrière de la petite Lola, ressortissante algérienne qui n’aurait jamais dû se trouver sur notre territoire, méritait une peine exemplaire pour ce crime abominable. » Dans le même message, il rendait hommage au père de Lola, Johan Daviet, « que la douleur a fini par emporter ».

Dire que Lola était française n’était pas un dérapage

La justice a tranché 3 ans après les faits. Dire qu’une enfant tuée était française n’avait rien d’un dérapage. Le scandale était ailleurs : une femme sous obligation de quitter le territoire était toujours en France deux mois après l’avoir reçue.

C’est cette question que Jordan Bardella voulait poser ce soir-là, et elle reste ouverte. Pour un autre regard sur l’immigration et la délinquance, lire notre article sur les détenus étrangers en Belgique.

Le 21 octobre 2022, dans un communiqué relayé par l’AFP, les parents de Lola avaient demandé que cesse toute utilisation du nom et de l’image de leur fille à des fins politiques. Ils voulaient pouvoir honorer la mémoire de leur fille dans la paix, le respect et la dignité. Leur deuil mérite ce respect. Le débat sur l’exécution des OQTF, lui, ne peut pas être interdit.

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