« Je les remercie » : une lycéenne face à Bruno Retailleau défend les casseurs qui l’ont aidée

Une lycéenne face à Bruno Retailleau dans La Grande Confrontation sur LCI

Crédit photo : May face à Bruno Retailleau, le 22 octobre 2026.

« Donc oui, je suis désolée, je les remercie. » Le 22 octobre 2026, dans « La Grande Confrontation » sur LCI, une lycéenne face à Bruno Retailleau a remercié en direct les casseurs qui l’avaient aidée à se relever lors d’une manifestation.

Une lycéenne face à Bruno Retailleau, en direct sur LCI

L’émission, présentée par David Pujadas, recevait le candidat des Républicains à l’élection présidentielle. Son titre à l’antenne : « Bruno Retailleau face aux Français ». Face à lui, des Français venus l’interroger, dont May, qui dit étudier au lycée Bellevue de Toulouse (31).

Elle raconte avoir été blessée lors d’une manifestation, « le 17 ». « Les casseurs, par exemple, eux, c’est eux qui m’ont aidé à me relever quand je me suis fait tabasser le 17 », dit-elle. Puis elle assume : « Donc oui, je suis désolée, je les remercie. »

« Je les remercie de m’avoir aidé quand je me suis fait fracasser le crâne et la cuisse par des CRS. Mais j’ai toujours été contre eux. »

Les commerçants « quasiment ruinés »

Sur le plateau, la réponse vient aussitôt : « Il faudra le dire aux commerçants. Il y en a qui sont quasiment ruinés. Il faudra leur dire. » Puis, plus bas : « Une vie de travail. »

La lycéenne nuance : « Je ne les remercie pas de casser, non. » Elle raconte même avoir éteint, le 17, un feu de poubelle qui menaçait un arbre devant son lycée : « J’ai pris de l’eau, j’ai éteint le feu. »

Le ton monte quand elle lance au candidat : « Et comme vous, s’il faudrait que je le fasse, que je vous remette à votre place. » David Pujadas recadre aussitôt : « On avait dit le respect. » Dans la séquence relayée sur X, la réponse tombe : « personne ne remet quelqu’un d’autre à sa place ».

Bruno Retailleau, candidat des Républicains à la présidentielle
Bruno Retailleau.

Bruno Retailleau, le candidat de l’ordre

Président des Républicains, Bruno Retailleau est candidat à l’élection présidentielle, comme le rappelait la Gazette de France le 15 octobre. Il n’est plus ministre de l’Intérieur : le poste est occupé par Laurent Nuñez.

Après l’allocution d’Emmanuel Macron du 18 octobre, il avait décrit un président « totalement dépassé, incapable d’opposer la force de l’État à la chienlit ». Le 22 octobre, sur LCI, c’est la colère d’une partie de la jeunesse qu’il avait en face de lui.

Un mouvement lycéen sous tension

Le mouvement lycéen dure depuis plusieurs semaines. Au 7 octobre, l’IGPN avait été saisie de 18 enquêtes depuis son début, 6547 personnes avaient été interpellées et plus de 700 policiers et gendarmes avaient été blessés, selon Public Sénat.

Le lycée Bellevue n’est pas resté à l’écart. Le 7 octobre, des élèves s’étaient déjà rassemblés devant l’établissement, à Toulouse.

La lycéenne en parle elle-même pendant l’émission, pour expliquer pourquoi elle a éteint ce feu de poubelle : « Dans le lycée à Bellevue, à Toulouse, il y a plein d’arbres partout. Si un arbre se fait toucher, c’est tout le lycée qui est touché. » Une élève qui protège son lycée des flammes, et qui remercie ceux qui les allument ailleurs : toute la contradiction de cette séquence tient là.

Le 17 octobre, à l’échelle du pays, 997 policiers et gendarmes ont été blessés en une seule journée, dont 7 grièvement, selon le ministère de l’Intérieur. Le Premier ministre Sébastien Lecornu parle d’au moins 3000 commerces touchés.

La culture de l’excuse, à une heure de grande écoute

Le problème n’est pas une lycéenne de Toulouse qui raconte sa journée avec ses mots. Le problème, c’est le discours qui circule autour d’elle : la police serait l’ennemie, et ceux qui cassent seraient des sauveteurs.

Le soir même où des commerçants comptent leurs pertes, les casseurs passent pour des secouristes en pleine soirée. Dans la séquence de la lycéenne face à Bruno Retailleau, on retiendra le remerciement, bien plus que la nuance.

Remercier ceux qui pillent, même pour un geste d’aide, c’est leur offrir une image qu’ils n’ont pas méritée. Les commerçants pillés le 17 octobre, eux, attendent toujours qu’on les aide à rouvrir.

Pour mesurer ce que ces commerçants ont vécu ce soir-là, revoyez la vidéo de cette femme qui supplie les pilleurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *