Mercredi 28 octobre 2026, Sarah Knafo sur franceinfo devait parler de son livre, « Le casse du siècle ». La députée européenne Reconquête a passé une grande partie de l’interview à répondre d’un attentat qu’elle n’a pas commis. Sa réplique sur le Coran a fait le tour des réseaux, et la radio publique a répondu par un communiqué.
« Est-ce que vous êtes en train de me dire que lorsqu’un crime est commis sur la base d’un texte ou d’un discours, ce texte ou ce discours est responsable du crime ?
— Sarah Knafo (@knafo_sarah) 28 octobre 2026
Oui ? Donc, ce que vous êtes en train de nous dire, puisque nous avons eu 270 morts en France, sur la base du… pic.twitter.com/k7xI5dhJ7c
L’extrait ci-dessus, publié par Sarah Knafo elle-même sur X le soir même, dure 29 secondes. Il suffit à comprendre ce qui s’est joué pendant un peu plus de 20 minutes au « 8.30 franceinfo », face à Simon Le Baron et Audrey Tison.
Sommée de condamner l’attentat de Trappes
Le vendredi 23 octobre, à Trappes (78) et à La Verrière (78), un tireur a tué Pengo Bossio Wangi, 26 ans, et blessé 7 autres personnes, dont une fillette de 11 ans, selon franceinfo. Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Le suspect, Kévin T., 39 ans, a été interpellé à Coignières (78).
Cinq jours plus tard, la première question de Simon Le Baron à Sarah Knafo sur franceinfo porte sur ce drame :
« Est-ce que vous, Sarah Knafo, vous condamnez l’attentat raciste de Trappes ? »
La réponse arrive tout de suite : « Évidemment, vous nous prenez pour qui ? », puis « Je n’ai aucun problème à le qualifier de raciste ». Audrey Tison justifie la question : « vos tweets ont été assez laconiques ces derniers jours ».
L’échange se tend aussitôt. Selon Puremédias, Simon Le Baron lui lance : « Madame Knafo, ce n’est pas vous qui posez les règles sur ce plateau. » Elle répond : « Cette interview commence mal pour le service public. »
La réplique sur le Coran
Les journalistes lui rappellent ensuite les condamnations d’Éric Zemmour pour incitation à la haine raciale. Le sous-entendu est transparent : les mots de son camp auraient armé le tireur. Sarah Knafo prend ce raisonnement au pied de la lettre.
« Est-ce que vous êtes en train de me dire que lorsqu’un crime est commis sur la base d’un texte ou d’un discours, ce texte ou ce discours est responsable du crime ? Oui ? Donc, ce que vous êtes en train de nous dire, puisque nous avons eu 270 morts en France, sur la base du Djihad et au cri d’Allah Akbar, c’est que c’est le Coran qui est responsable ?! »
Ces mots sont ceux de son post, qui accompagne la vidéo. Le chiffre correspond au décompte de l’AFP : plus de 270 personnes tuées en France dans des attentats islamistes depuis ceux de Mohammed Merah en 2012.
Sa question n’accuse pas le Coran. Elle montre où mène la logique qu’on lui oppose, si on l’applique à tout le monde.
Un procès des mots qui ne vise qu’un camp
Depuis le 23 octobre, cette logique s’est installée dans le débat. Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a parlé d’un attentat « à connotation raciste, probablement islamophobe », et accusé des discours politiques d’armer les auteurs de violences.
Marine Tondelier a écrit que « la violence des mots précède toujours la violence des actes ». Olivier Faure a visé les discours qui propagent l’idée du « grand remplacement », selon LCP. Le Premier ministre a lui aussi dénoncé des mots « qui finissent par armer ».
Après chaque attentat islamiste, la consigne est pourtant inverse : pas d’amalgame. Sarah Knafo n’a fait que demander pourquoi la règle change selon le camp du tireur.

Le communiqué de franceinfo
En début d’après-midi, la radio publie sur X un texte de soutien à ses 2 journalistes, « qui ont exercé leur métier ». Elle y dénonce « une stratégie visiblement délibérée de délégitimation du travail journalistique, en particulier du service public, qui se poursuit désormais sur les réseaux sociaux ». Elle condamne aussi les attaques et les menaces visant ses journalistes en ligne.
Le texte répond enfin au site CGTV, qui affirmait à 11h39 qu’un responsable de la rédaction s’était excusé auprès de Sarah Knafo. La radio « dément formellement cette affirmation ». Sur le fond de la question posée par son invitée, le communiqué ne dit rien.
Après l’interview de Sarah Knafo sur franceinfo, l’élue a parlé sur X d’un moment « lunaire », révélateur selon elle « du comportement de ces militants d’extrême gauche qu’on paie avec nos impôts ».
Un service public déjà rappelé à l’ordre
Le soupçon de partialité ne date pas de cette matinée. En juin 2026, l’Arcom a mis en demeure Radio France : du 1er janvier au 31 mars, plus de 70% du temps de parole du RN sur la station a été diffusé entre minuit et 6h, selon Puremédias. La mise en demeure porte sur l’horaire de passage, pas sur le contenu des émissions. La radio a invoqué une « erreur technique non intentionnelle ».
En mai, le rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public recommandait d’inscrire un « engagement de neutralité et d’impartialité » dans les contrats des salariés. Et le 22 octobre, Sarah Knafo avait déjà vécu un face-à-face tendu dans « Complément d’enquête », sur France 2. Les plateaux qui tournent au règlement de comptes se multiplient, comme celui qui a valu à Isabelle Saporta une mise à pied sur LCI.
L’interview de Sarah Knafo sur franceinfo en entier
L’extrait de 29 secondes ne montre qu’un moment. Le passage complet, mis en ligne sur X, permet de juger sur pièces le ton des questions comme celui des réponses.
🔴 Absolument TOUT LE MONDE devrait regarder l'intégralité du passage de Sarah Knafo sur France Info ce matin.
— Marc Vanguard (@marc_vanguard) 28 octobre 2026
C'est surréaliste. pic.twitter.com/pDxHoHer6K
Une élue sommée de se justifier d’un crime qu’elle condamne, une radio publique qui répond par communiqué : à chacun de se faire un avis, vidéo à l’appui.





